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Expresso vs Khabane Lame : l’influenceur engage Me Bamba Cissé pour la bataille judiciaire

Oct 30, 2026  Twila Rosenbaum 7 views
Expresso vs Khabane Lame : l’influenceur engage Me Bamba Cissé pour la bataille judiciaire

Un litige entre une star mondiale et un opérateur télécom

La société Khaby Lame srl, basée à Milan et détentrice exclusive des droits d’image de l’influenceur mondialement connu Khaby Lame, a rendu public un communiqué en réponse aux nombreuses publications parues dans la presse sénégalaise le mercredi 5 juin 2024. Elle y dénonce l’utilisation « illégale et frauduleuse » de l’image de Khaby Lame par l’entreprise de télécommunications Expresso Sénégal. Selon la société milanaise, cette utilisation se fait « en violation flagrante des lois sénégalaises et internationales » et ne repose sur « aucun contrat en vigueur ».

Le dossier oppose donc une figure planétaire des réseaux sociaux à un acteur majeur des télécommunications au Sénégal. Il ne s’agit pas d’un simple différend commercial, mais d’une bataille judiciaire qui touche à la protection de l’image, à la validité des contrats et à l’exploitation de la notoriété d’un créateur de contenu. La société Khaby Lame srl affirme avoir constaté que son image continuait d’être associée à des campagnes publicitaires alors que la relation contractuelle avec l’opérateur avait pris fin.

Les origines contractuelles du conflit

L’affaire remonterait au 17 janvier 2022. À cette date, Serigne Khabane Lame, dit Khaby, avait signé un contrat d’un an avec le Groupe Expresso Télécom, la maison mère d’Expresso Sénégal. Le contrat stipulait que sa durée n’était renouvelable que par un accord mutuel des deux parties. Or, à l’issue de cette période, aucune prolongation n’a été conclue, « ni par Khaby Lame ni par la société IRON qui le représentait à l’époque ».

La société Khaby Lame srl indique que « plus d’un an et demi après la fin du contrat », elle a constaté « avec une grande surprise et beaucoup de regrets » que la société Expresso Sénégal utilisait toujours l’image de Khaby Lame pour des campagnes publicitaires, en totale violation de la loi. Cette chronologie est centrale : elle situe le litige après l’expiration d’un accord à durée déterminée, dont le renouvellement n’aurait pas été formalisé. La question de savoir si une autorisation implicite ou une tolérance a pu exister devient dès lors essentielle.

Une action confiée à Me Mouhamadou Bamba Cissé

Face à cette situation, Khaby Lame srl a mandaté le cabinet de l’avocat Me Mouhamadou Bamba Cissé pour intenter une action en justice contre Expresso Sénégal. Le communiqué précise que « l’affaire est pendante devant les juridictions sénégalaises depuis plusieurs mois ». Cette indication montre que le contentieux n’en est pas à ses débuts et que les parties ont déjà engagé une procédure devant les tribunaux sénégalais.

Le communiqué ne détaille toutefois pas le montant des dommages et intérêts réclamés, ni l’ensemble des demandes formulées. Il souligne en revanche que l’utilisation non autorisée de l’image de Khaby Lame « met en péril plusieurs de ses contrats ». La société espère que la justice sénégalaise interviendra pour faire respecter les droits de l’influenceur et « préserver sa carrière ».

Qui est Khaby Lame ?

Khaby Lame est devenu l’une des personnalités les plus suivies au monde grâce à des vidéos courtes fondées sur un humour silencieux. Son personnage, souvent impassible, réagit à des situations absurdes ou à des gestes inutilement compliqués. Ce style a dépassé les frontières et lui a permis de bâtir une audience considérable sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok. Son parcours, entre le Sénégal et l’Italie, a nourri une image de créateur populaire, accessible et international.

Cette notoriété a fait de son image un actif économique majeur. Les marques cherchent à s’associer à sa visibilité, à son humour et à son capital sympathie. C’est précisément dans ce contexte que la gestion de ses droits d’image devient stratégique. La société Khaby Lame srl, présentée comme détentrice exclusive de ces droits, veille à encadrer les utilisations commerciales de son nom, de son visage et de son univers. Le litige avec Expresso Sénégal s’inscrit donc dans une logique de protection d’un patrimoine immatériel.

Expresso Sénégal et le poids de la notoriété

Expresso Sénégal est un opérateur de télécommunications présent sur le marché sénégalais. Comme de nombreuses entreprises du secteur, il utilise des campagnes publicitaires pour promouvoir ses offres, ses services et son réseau. Le recours à des influenceurs ou à des personnalités connues peut permettre d’atteindre rapidement un large public. Toutefois, l’utilisation de l’image d’une personne, a fortiori d’une célébrité, doit reposer sur une base contractuelle claire.

Les contrats d’image ou de partenariat publicitaire précisent généralement la durée de l’autorisation, les supports concernés, les territoires couverts, la rémunération et les conditions de renouvellement. Lorsque le contrat arrive à son terme, l’annonceur ne peut pas continuer à exploiter l’image de la personnalité sans nouvelle autorisation. C’est sur ce point que se concentre l’argumentation de Khaby Lame srl : après l’expiration de l’accord, aucune autorisation n’aurait été donnée pour poursuivre les campagnes.

Les questions juridiques soulevées

Le dossier pose plusieurs questions de droit. La première concerne le droit à l’image. En principe, une personne dispose d’un droit exclusif sur son image et peut s’opposer à son utilisation commerciale sans consentement. Ce droit peut être concédé par contrat, mais cette autorisation est limitée dans le temps, dans l’espace et dans ses modalités. Une utilisation postérieure à l’expiration du contrat peut donc être contestée.

La deuxième question porte sur l’exécution et la fin du contrat. Le contrat signé en janvier 2022 était d’une durée d’un an et ne pouvait être renouvelé que par accord mutuel. Si aucun renouvellement n’a été formalisé, l’opérateur ne bénéficiait plus, en principe, d’un titre contractuel pour exploiter l’image de Khaby Lame. La société milanaise soutient que ni l’influenceur ni son ancien représentant n’ont conclu de prolongation.

Droit à l’image et autorisation préalable

Dans de nombreux systèmes juridiques, l’exploitation commerciale de l’image d’une personne exige une autorisation préalable, écrite et suffisamment précise. L’autorisation doit indiquer les usages autorisés. Une campagne publicitaire peut ainsi être permise sur certains supports et pendant une période déterminée, sans que cela autorise une utilisation illimitée. Lorsque l’autorisation expire, l’annonceur doit cesser l’exploitation ou obtenir un nouvel accord.

Le caractère international de la notoriété de Khaby Lame renforce l’attention portée aux règles applicables. Le communiqué évoque une violation des lois sénégalaises et internationales. Cette formulation suggère que la société entend mobiliser à la fois le droit local et les principes de protection applicables aux contrats internationaux, aux marques ou aux droits de la personnalité.

Contrat et fin de relation commerciale

La fin d’un contrat de partenariat ne signifie pas nécessairement la fin de toute relation, mais elle met fin aux obligations prévues. Si le contrat prévoyait un renouvellement par accord mutuel, le silence ou la poursuite informelle de discussions ne suffit pas toujours à créer un nouveau contrat. La partie qui continue à utiliser l’image après l’échéance s’expose à une contestation si elle ne peut pas démontrer l’existence d’un accord.

La société Khaby Lame srl affirme que l’utilisation s’est poursuivie « plus d’un an et demi après la fin du contrat ». Cette durée est significative, car elle suggère une exploitation prolongée et répétée. Les juges devront apprécier les preuves produites par chaque partie, notamment les échanges, les contrats, les campagnes et les éventuelles autorisations.

Un préjudice commercial et stratégique

Au-delà de l’aspect juridique, le dossier met en avant un préjudice commercial. La société indique que l’utilisation non autorisée de l’image de Khaby Lame « met en péril plusieurs de ses contrats ». Cette affirmation souligne que l’image de l’influenceur est gérée comme un actif exclusif. Des partenaires peuvent exiger une exclusivité ou des conditions précises, et une utilisation non autorisée par un tiers peut perturber ces engagements.

Pour un créateur de contenu, le contrôle de l’image est essentiel. Une association non maîtrisée à une marque peut brouiller le positionnement, créer une confusion dans l’esprit du public ou affaiblir la valeur de futurs partenariats. L’enjeu n’est donc pas seulement financier : il concerne aussi la réputation, la crédibilité et la capacité à choisir ses collaborations.

Réactions et communication

Le communiqué a été présenté comme une réponse aux publications parues dans la presse sénégalaise. Cela montre que l’affaire a déjà acquis une visibilité médiatique. La société Khaby Lame srl a choisi de rendre sa position publique, en insistant sur l’absence de contrat en vigueur et sur la protection des droits de l’influenceur.

Dans les éléments rendus publics, aucune réponse officielle d’Expresso Sénégal n’est mentionnée. Le communiqué ne précise pas non plus le calendrier des prochaines audiences ni les demandes détaillées. Il confirme cependant que la procédure est déjà pendante devant les juridictions sénégalaises depuis plusieurs mois. Cette situation signifie que le dossier est entré dans une phase contentieuse et que les parties devront présenter leurs arguments devant le juge.

Un précédent pour les créateurs de contenu

Cette affaire dépasse le seul cas de Khaby Lame. Elle illustre les tensions qui peuvent apparaître lorsque la notoriété numérique rencontre les stratégies publicitaires des grandes entreprises. Les créateurs de contenu sont devenus des partenaires commerciaux recherchés, mais leurs droits doivent être encadrés avec rigueur. Les contrats doivent prévoir la durée, les supports, les territoires, les modalités de renouvellement et les conséquences de la fin de la collaboration.

Pour les annonceurs, le dossier rappelle l’importance de vérifier l’existence et la validité des autorisations


Source:Seneweb News


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